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Comment j'ai vaincu ma phobie du dentiste

Partie 1 : J’ai la phobie du dentiste

Salut à vous mes p'tits chats !!!

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet très personnel mais qui doit toucher aussi de nombreuses personnes : ma phobie du dentiste.

Pour comprendre, il faut que je commence par le début.

La genèse de ma phobie du dentiste

Une phobie qui remonte à loin, très loin

Depuis aussi loin que s’en souviennent mes parents, et moi du coup, j’ai toujours eu un problème avec le dentiste. Je n’arrivais pas à ouvrir la bouche, même pour que le dentiste puisse simplement regarder, c’était plus fort que moi, j’étais terrorisée, je pleurais tout le long du rendez-vous médical, c’était incompréhensible. Surtout que je n’ai jamais vécu d’événement traumatisant. Ma maman travaillait dans le milieu médical et m’a amené avec elle à l’hôpital dès mes 3 mois, elle m’allaitait entre 2 examens, entre 2 accouchements, bref j’ai toujours été habituée aux odeurs, à ces ambiances si particulières et à la douceur et gentillesse des soignants.

Et pourtant, même avec une amie dentiste de mes parents, que j’aimais beaucoup, en qui j’avais totalement confiance, je n’arrivais pas à ouvrir la bouche. J’ai eu droit à tous les stratagèmes, tous les chantages, on essayait de me comprendre, de me forcer, rien n’y faisait. Même si je parvenais finalement à ouvrir la bouche, c’était toujours très difficile pour moi, et pour le soignant aussi du coup.

Une phobie entretenue par… un dentiste

Lorsque j’ai eu 9 ans, avec ma famille nous avons changé de région. Et du coup il a fallu trouver un nouveau dentiste. Mes parents ont choisi le dentiste le plus proche de chez nous. Quelle erreur… Eux comme moi pâtissons encore maintenant de ses pratiques.

Ce médecin était un dentiste très traditionnel, un vieux de la vieille. Il n’était qu’au papier, pas de nouvelles technologies, bouh caca ! J’avais quelques caries, pour les soigner, il ne mettait qu’un spray pchitt anesthésiant, enfin, soit disant… J’avais tellement mal à chaque fois que je sortais de chez lui, j’étais toujours en pleurs, il passait son temps à me rabaisser, à me traiter comme une enfant capricieuse, j’étais douillette, je faisais du cinéma pour rien, mes parents devaient avoir honte de moi, j’étais vraiment ridicule… J’en ai entendu des vertes et des pas mures… Alors j’allais le voir le moins souvent possible. Et puis mes parents ne comprenaient pas, ils avaient plutôt tendance à le croire lui et accepter que je sois « douillette ».

Je change de dentiste

Lorsque l’on atteint sa majorité, on a tous des rêves à réaliser. Pour moi, avoir 18 ans signifiait que je pouvais ENFIN choisir mon propre dentiste. J’ai été conseillée par mes amies et je voulais tester plusieurs dentistes avant de choisir le mien. Finalement, le premier que je suis allée voir était le bon. J’ai été accueillie par un énorme ours, très grand et bien charpenté, mais avec une gentillesse peinte sur le visage.

Au premier rendez-vous, je lui ai indiqué que j’avais cette phobie, avec quelques sanglots dans la voix, les larmes aux yeux. Il m’a rassurée immédiatement et m’a dit que ce rendez-vous ne servirait qu’à faire un état des lieux, aucun soin à appréhender. J’ai ouvert la bouche et il m’a dit immédiatement « Oh la jolie dent de lait ! ». J’étais stupéfaite. J’avais toujours cru que c’était une canine cassée, ce que m’avait rabâché mon précédent dentiste. Et lui qui me dit « Absolument pas, il s’agit d’une dent de lait et je parie que la vraie canine est juste derrière. » Je passe ma langue sur mes dents, je ne sens qu’une seule rangée, une petite bosse dans le palais certes, mais pas de dent supplémentaire. J’avais vraiment beaucoup de mal à le croire.

« Eh bien on va vérifier tout de suite ! » Il tire un appareil et un écran vers moi et me dit que l’on va faire une radio. Première radio de mes dents de ma vie ! Deux secondes plus tard, je vois ma dentition sur cet écran. Et oui, je vois une dent supplémentaire !!! Incroyable !!! « Vous avez maintenant la raison de cette bosse dans votre palais. » Il m’a fallu attendre mes 18 ans pour savoir ce qu’était cette bosse !! C’est pas dingue ça ?

« Bon ben on va programmer un rendez-vous pour enlever cette petite dent. » Il m’explique que ce sera très facile, que l’autre dent reprendra sa place toute seule ou qu’on l’aidera un peu mais qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’en faire. Ma phobie parle pour moi :

« Et… il n’y a pas une autre solution ? »

« Si, on peut attendre qu’elle tombe toute seule »

« Ça mettra longtemps ? »

« Oh, elle ne sera plus là pour vos 26 ans je dirais. »

J’en ai 32, et je vous assure que de toute ma dentition, il s’agit de la seule qui ne bouge pas d’un iota !!! 😉

Ma phobie enfin prise en compte…

… par un professionnel

Malheureusement, comme je n’étais pas allée si fréquemment que cela chez l’autre boucher, mon nouveau dentiste m’a trouver une carie et m’a préconisé une extraction de dents de sagesse.

Chacun des rendez-vous suivants, qui se sont étalés sur plusieurs années, et ce même lorsque j’ai quitté le nid familial pour mes études, se sont toujours passés d’une manière similaire ; j’arrivais en état de stress avancé, une fois sur le fauteuil je me mettais à pleurer. Mais lui a toujours été très attentif et compréhensif, il m’a conseillé de prendre mon walkman (oui oui, mon discman Walkman adoré !!) pour pouvoir penser à autre chose et ne pas entendre la fraise. Il prenait le temps de me rassurer.

Petite anecdote

Un jour où j’avais pris mon discman, je m’installe, je lance la musique et là… rien. Le silence complet. J’ouvre le boitier, horreur !!! Il était vide !!! J’essaie de rassembler mon courage « c’est pas grave, je suis grande, je vais bien survivre à ça… » Mais c’était sans compter mon dentiste de rêve qui me dit « Attendez, attendez, je dois bien avoir quelque chose dans mon tiroir… Alors oui j’ai bien 2 CDs, mais je suis désolé, le choix n’est pas terrible pour vous… Je n’ai qu’Edith Piaf et Jacques Brel. » Je suis tombée amoureuse. ^^ Comment choisir?? pif paf pouf, je choisis Brel. Alors, il n’était pas génial ce dentiste ?

Mine de rien, Mine de crayon, revenons-en à nos moutons !

Ma pire crise phobique

Notre dernier rendez-vous était pour extraire une dent de sagesse. Comme à l’accoutumée,  j’ai commencé à pleurer silencieusement dans la salle d’attente. Une fois dans le cabinet, installée sur le fauteuil, les larmes ont redoublé. « Je ne suis vraiment pas rassurée » lui dis-je dans son dos. « Mais non, tout va bien se passer ! » Il se retourne et lâche « Ah oui, je vois ça ! »

De là, nous avons commencé à discuter, il essayait de me mettre en confiance mais moi, je n’arrêtais pas de me trouver ridicule, il m’avait déjà retirer une première dent de sagesse, pourquoi n’arriverait-il pas à enlever une deuxième ? Je me sentais très mal, très conne, je crois que c’est le terme exact que j’ai employé. Là, il s’est offusqué :

« Je ne veux pas que vous parliez comme ça de vous ! Ce que vous avez est normal, il s’agit d’une peur absurde. On en a tous ! Certains ont peur des araignées, des clowns, ou même des requins, et pourtant on ne croise pas un requin à chaque coin de rue ! »

« J’ai aussi peur des requins… »

Ça l’a fait rire, moi aussi. L’atmosphère s’est détendue mais moi je ne l’étais toujours pas. On a dû discuter près de 3/4 d’heures, on a abordé plusieurs solutions, celle de l’anesthésie générale me plaisait bien, mais elle ne permettait pas de soigner la petite carie qu’on avait trouvée. A force de discussion, j’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai donné le feu vert. L’extraction s’est très bien et très vite passée vu que ma dent s’est cassé en 2. Moi pendant ce temps je pleurais à gros bouillons en essayant de me contrôler, en vain. Mais il a pu faire son travail. En sortant du cabinet, je pleurais toujours. Ce n’est qu’une fois rentrée chez moi, dans un endroit synonyme de sécurité pour moi que mes pleurs se sont calmés.

… par mes parents

Du côté de ma famille, j’ai toujours cru que mes parents me considéraient simplement comme douillette, comme ça l’avait été pendant des années du temps du « boucher ». Suite à ce dernier rendez-vous, lors d’un dîner familial avec une amie proche, nous avons abordé ce sujet. La présence de mon amie a aidé mes parents à formuler leur ressenti, chose qui est beaucoup plus difficile sans présence extérieure.

Et là j’ai été très étonnée de me rendre compte que mes parents avaient cessé de me considérer comme une jeune actrice douillette, mais qu’ils avaient enfin touché du doigt cette phobie. Nous en avons longuement discuté et eux aussi ont trouvé les mots pour me rassurer et me faire accepter cet état de fait. Parce que oui j’ai peur, non je ne sais pas pourquoi, oui cela me dépasse, oui je n’arrive pas à me contrôler, et oui ça me fait encore plus peur.

Le vide médical

Ce dernier rendez-vous pour ma dent de sagesse fut finalement notre dernier rendez-vous tout court. Mon dentiste adoré, si compréhensif et professionnel, en qui j’avais totalement confiance, a été diagnostiqué d’une tumeur au cerveau, il a dû quitter le cabinet, puis s’est éteint prématurément. Une perte énorme pour le milieu médical mais surtout pour ses proches, et pour toute personne qui s’en remettait à lui et qui l’appréciait.

D’un point de vue personnel, j’ai perdu une personne importante pour moi, pour ma santé et en qui j’avais complètement confiance.

Reprendre rendez-vous

Les semaines, les mois, les années ont passé, et je n’arrivais pas à me motiver pour aller voir un autre dentiste concernant la petite carie dont il m’avait parlé. Et puis je me suis dit que ça ne pouvait pas durer, j’ai cherché un nouveau dentiste dans ma nouvelle ville, on m’a conseillé une dentiste extrêmement gentille et je confirme, elle l’est. Le seul bémol c’est qu’elle m’a prescrit une radio des dents pour voir l’implantation de mes deux dernières dents de sagesse, parce qu’elle n’était pas équipée à son cabinet. Ce n’est rien une radio vous allez me dire. Mais pour moi, c’était un pas en plus et je n’ai jamais réussi à le franchir. Alors le temps a continué sa route inexorablement.

Dans un prochain article, je vous parlerai de comment j’ai commencé à mettre des mots sur ma phobie.

Et vous, vous avez des phobies, des peurs absurdes ou vous connaissez quelqu’un qui en a ? N’hésitez pas à commenter, et à partager sur vos réseaux sociaux préférés.

La suite au prochain épisode…

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